Les différentes techniques de taille d'un bonsai

L'amateur se retrouve souvent désemparé devant son bonsai qui commence à pousser. Faut-il le tailler, et surtout comment le tailler ? Nous avons à notre disposition un ensemble de techniques qui sont adaptées à des objectifs bien précis, que je vais développer précisément. Tailler est une opération essentielle à l'entretien d'un bonsaï, c'est un vrai travail de bonsaika, c'est là que nous allons progressivement donner la forme voulue à l'arbre.

Comment tailler son bonsai ? Les différentes techniques

Chacune de ces technique a un nom japonais, qu'il est conseillé de connaître c'est un langage universel et surtout cela permet de lever toute ambiguité. Le but n'est pas de vous faire un cours de japonais mais plutôt de vous faire comprendre l'origine du terme pour bien en appréhender la signification. Plusieurs de ces termes possèdent une racine commune ME (芽) qui signifie le bourgeon.

Suivant l'époque de l'année à laquelle nous allons faire une opération sur le bourgeon, il y a un objectif bien particulier et un résultat attendu. Mais la chose la plus importante est que pour que chacune de ces taille doit se faire sur un arbre fort et en bonne santé. Nous allons retirer du feuillage, qui est la source d'énergie de l'arbre. S'il est déjà faible ou malade, nous allons l'affaiblir. Donc si votre bonsai n'est pas au top de sa forme, laissez-le pousser, accumuler des réserves et faites la taille l'année suivante. Ce n'est pas une année de perdue car travailler un arbre faible peut vous faire perdre plusieurs années, le temps qu'il se remette des travaux.

Pourquoi tailler son bonsai ?

Tailler son bonsai est nécessaire pour d'une part lui donner sa forme, et d'autre part qu'il conserve cette forme et qu'il s'améliore. Il y a donc essentiellement deux types de taille :

  • la taille de structure, qui consiste à sélectionner un ensemble de branche et à supprimer celles que l'on pense innutiles à la forme du bonsai ;
  • les tailles d'entretien qui consistent à conserver cette forme et à améliorer la ramification

Taille de structure

Lorsque vous avez devant vous un arbre de pépinière, il y a beaucoup de branches, trop de branches. La structure d'un bonsai doit être simple, quelques branches suffisent à lui donner cette apparence d'arbre. Pendant la période de dormance (de la fin de l'automne au début du printemps), nous pouvons faire une sélection de branches. Pour cela il fait avoir une vision plus ou moins claire du résultat que l'on veut obtenir, il faut avoir un projet en tête et un objevtif à atteindre.

La taille de structure s'effectue également sur des arbres plus matures. Lorsque les branches se sont densifiées, elles deviennent plus imposantes et au bout d'un moment elles se recouvrent les unes des autres. C'est la même chose au niveau des branches elles même, il faut parfois supprimer une partie de la ramification secondaire pour obtenir quelque chose de plus aéré, de plus lisible. La structure de l'arbre doit être claire.

METSUMI (芽摘ま), le pincement

Au printemps, lorsque la végétation se réveille, les bourgeons grossissent et les premières feuilles sortent. Sur un pin, nous pouvons voir apparaitre une chandelle en bout des rameaux, elle va progressivement s'allonger jusqu'à s'ouvrir et laisser apparaitre les aiguilles. Le METSUMI consiste à pincer avec ses doigts les jeunes pousses les plus fortes afin de bloquer leur croissance. L'objectif est de bloquer ces pousses afin qu'elles ne s'éloignent pas de la silhouette du bonsai. C'est également une façon d'quilibrer la vigueur de l'arbre, on pince les pousses les plus fortes et on laisse les plus faibles vers lesquelles va être redirigée la croissance.

Le METSUMI est une technique que l'on applique uniquement sur les arbres déjà mis en forme et pour lesquels nous voulons travailler la ramification. Avoir des entre-noeuds (espaces entre les départs des feuilles) plus courts sur les feuillus, des aiguilles plus petites sur les pins. L'objectif n'est pas de forcer l'apparition de bourgeons à l'intérieur des branches (même si dans la pratique cela arrive parfois).

MEKIRI (芽切り), la taille d'entretien

La première pousse du printemps va émettre plusieurs paires de feuilles, et elle va continuer de s'allonger. Si vous ne faites rien, elle va continuer son élongation et devenir de plus en plus longue et grosse. Lorsque le rameau a émis quelques paires de feuilles, vous allez voir que la base commence à perdre sa couleur vert tendre pour devenir marron, elle se transforme en bois. C'est le processus de lignification. La pousse verte consomme des ressources de l'arbre, la partie lignifiée commence à emmagasiner de l'énergie.

Sur un pin, vous pouvez remarquer que la chandelle a finit de s'allonger, elle s'est ouverte pour apparaitre les aiguilles. C'est le bon moment pour tailler.

Le principe du MEKIRI est de tailler la pousse de l'année quand elle commence à accumuler de l'énergie, et nous allons utiliser cette énergie pour provoquer l'apparition de bourgeons en arrière, c'est-à-dire sur les parties à l'intérieur de l'arbre. Rappelez-vous que sur un bonsai nous voulons un arbre compact, avec une végétation proche du tronc, ainsi qu'une belle ramification composée de branches principales, secondaires et des branches tertiaires très fines. Le MEKIRI va forcer l'apparition de bourgeons sur les parties plus proches du tronc, ce qui participe à la création de cette belle ramification que nous recherchons.

METSUMI et MEKIRI, quelle différence en pratique ?

Pour l'amateur il n'est pas toujours facile de bien comprendre s'il faut pincer ou attendre que le rameau ait poussé avant de tailler. J'étais moi même un peu perturbé au début. Pourtant savoir quand appliquer ces techniques est essentiel afin de bien développer son arbre et avoir progressivement une ramification plus fine.

Pour savoir laquelle de ces techniques employer, il faut d'une part prendre en compte l'état de l'arbre. Est-ce qu'il est en culture afin de faire grossir le tronc ou les branches ? L'arbre a-t-il besoin de bourtgeonnement arrière afin d'avoir une ramification secondaire plus importante ? Ou bien est-il en phase de finition pour l'obtention d'une fine ramification ? Il faut également prendre en compte votre objectif : voulez-vous laisser la branche s'allonger pour que l'arbre prenne plus d'ampleur ? Ou bien la branche est assez longue et vous voulez conserver la silhouette actuelle ?

HAGARI (葉刈り), la défoliation

Au fur et à mesure que l'été approche, nous faisons un MEKIRI sur les branches des feuillus et le nombre de rameaux et de feuilles vont augmenter. Le résultat est que la partie intérieure de l'arbre va manquer de soleil, les branches font se retrouver à l'ombre du feuillage et cela peut poser quelques problèmes. Avec le MEKIRI nous forçons l'apparition de bourgeons arrière, mais s'ils manquent de soleil ils ne pourront pas pousser, et la plupart vont mourrir. Il est nécessaire de faire entrer la lumière à l'intérieur de l'arbre pour favoriser leur développement.

Mais il faut savoir qu'enlever toutes les feuilles d'un arbre est une opération qui peut être traumatisante. Cela l'oblige à refaire un nouveau printemps. Sur un arbre jeune, il va encaisser, mais sur un arbre plus mature cela va l'affaiblir innutilement. En effet, nous supprimons toute la capacité à faire de la photosynthèse. Les feuilles sont comme des panneaux photo-voltaiques qui vont fournir de l'énergie. En défoliant complètement nous supprimons cette source d'énergie, obligeant le bonsai à puiser dans ses réserves pour créer de nouvelles feuilles. Si elles sont plus petites c'est que nous affaiblissons l'arbre, et ce n'est pas une bonne chose.

Personnellement je préfère la défoliation partielle, qui est beaucoup plus douce et laisse à l'arbre la capacité de continuer à faire de la photosynthèse pendant le développement des nouvelles feuilles.

MEKAKI (芽掻き), la sélection des bourgeons

L'ensemble des techniques décrites ci-dessus provoquent un bourgeonnement arrière sur les branches, voir le tronc. C'est-à-dire que vous allez voir apparaitre de nouveau bourgeons, mais sont-ils toujours utiles à la formation de l'arbre ? De même sur les pins, en bout des branches les plus fortes vous pouvez voir se développer trois bourgeons. Or pour une belle ramification nous n'en voulons que deux.

La technique du MEKAKI consiste à supprimer les bourgeons innutiles et à ne conserver que ceux qui nous sembles intéressants pour l'avenir. L'objectif est que le bonsai ne perde pas d'énergie à développer des rameaux innutiles et à concentrer la vigueur sur les autres parties de l'arbre.

Comment bien tailler son bonsai ?

Certains arbres sont très généreux et produisent de nombreuses pousses, et pour l'apprenti bonsaika il n'est pas toujours évident de savoir ce qu'il faut tailler. Pourtant, il y a un certain nombre de règles à suivre pour construire une belle ramification. Elles ont à la fois des raisons esthétiques et des raisons horticoles. Dans le bonsai, ces deux concepts sont toujours liés, et l'un ne peut exister sans l'autre.

La connaissance et la mise en pratique de ces règles demandent au début une certaine discipline. Dois-je tailler ce rameau ou bien celui-là ? Les premiers coups de ciseau sont toujours un peu stressants et laborieux. Pourtant vous allez voir que cela devient vite un automatisme, en regardant une branche on sait très vite ce qu'il faut tailler et ce qu'il faut conserver.

Savoir tailler son bonsaï est essentiel, voyons les fondamentaux qui se cachent derrière ce geste qui parait si simple, et j'espère que vous comprendrez ce qu'il faut faire et pourquoi !

Le bonsaika a ainsi à sa disposition tout un ensemble de techniques de taille, et je ne saurais vous inciter à lirer et relire chacune d'elle car il est primordial de comprendre quand les appliquer et quel est l'objectif attendu. C'est un principe essentiel pour former un beau bonsai dans le temps. Posez vous toujours cette question : où en est mon arbre, et si je taille qu'est-ce que je veux obtenir ? Bloquer l'allongement des pousses ? Avoir un bourgeonnement arrière ? Equilibrer les forces sur les branches ? Avec une bonne application de ce concept et la mise en oeuvre de chaque technique au bon moment, vous allez rapidement voir vos bonsai évoluer dans le bon sens.

Bruno, alias Vital Bonsaï
Avant tout, un passionné de bonsaï
Le bonsaï peut parfois paraitre complexe et déroutant, surtout pour les débutants. Je te donne des conseils pratiques avec surtout de bonnes bases de culture pour que tu puisses progresser dans cet art.
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