Quelle taille peut faire un bonsai ?

Lorsque l'on se réfère à la définition d'un bonsai, pour beaucoup c'est un petit arbre en pot. Mais qu'est-ce que c'est petit ? Est-ce qu'il y a une hauteur maximale ? Et peut-il vraiment être tout petit ? Nous allons voir que cela est à la fois très codifié mais que cela dépend également des aspects culturels.

Quelle taille peut faire un bonsai et doit-il forcément être petit ?

L'influence du Japon sur la hauteur des bonsais

Les japonais aiment bien ranger les choses dans des cases, et nous allons voir qu'ils ont également codifié l'ensemble des hauteurs des arbres. Mais ils se sont fixés quelques limites, qui ont des raisons essentiellement culturelles.

Les bonsais ont commencés à être exposés dans un TOKONOMA, une alcôve que l'on retrouve dans les maisons traditionnelles japonaises et qui est utilisée pour présenter une oeuvre d'art. Une composition florale, une sculpture, ou encore un bonsai. Et cet espace a une dimension bien définie : celle d'un tatami, qui est généralement de 1m82 par 91cm. Lors de la première exposition nationale, la KOKUFU TEN, c'est cette même dimension qui a été allouée à la présentation de chaque arbre.

Il devient donc évident qu'un arbre de grande taille aura parfois du mal à entrer dans cet espace, en largeur mais également en hauteur. En effet, derrière chaque présentation il y a un fond de couleur uniforme qui permet de bien admirer l'arbre. Et ce fond est souvent limité à 1 mètre de haut. Quand l'arbre est plus grand, il dépasse et l'effet esthétique recherché ne fonctionne plus.

C'est pour cette raison qu'il est très rare de voir dans une exposition japonaise un bonsai qui fait plus de 90cm, maximum 1 mètre de haut. Tous ceux qui sont au delà de cette limite sont systématiquement refusés.

Ce sont toujours des bonsais mais ils ne peuvent pas être exposés. Et pour un japonais, c'est un argument de poids. Lorsqu'ils vont l'acquisition d'un bonsai de grande qualité, c'est souvent pour le voir en exposition.

La hauteur maximale est donc purement culturelle et elle s'applique surtout lorsque les arbres sont présentés en exposition. Il y a essentiellement 3 catégories de tailles, qui correspondent également à 3 façons d'exposer un bonsai :

  • Les plus petits sont appelés SHOHIN ont une hauteur maximale de 18 à 25cm, du haut du pot jusqu'à l'apex de l'arbre. C'est une gamme très populaire au Japon ;
  • Se trouvent ensuite les CHUHIN, qui ont une hauteur allant généralement de 45cm à 60cm ;
  • Enfin, la dernière classification sont les OGATA, jusqu'à 1 mètre de haut.

Entre la taille SHOHIN et la taille CHUHIN se trouve également la catégorie KIFU, qui a une hauteur jusqu'à 45cm. Ce sont des arbres un peu à part car ils sont trop grands pour être exposés comme des SHOHIN et trop petits pour être considérés CHUHIN. Et cela se ressent sur le prix, souvent légèrement inférieur. Car souveb ez vous que pour un japonais, acheter un bonsai de qualité c'est souvent avec l'objectif de pouvoir l'exposer. Il y a donc parfois de bonnes affaires à faire !

Ces tailles ne sont pas forcément à respecter à la lettre, et lorsque l'on arrive aux bornes un bonsai peut se retrouver dans une catégorie ou dans une autre. C'est par exemple le cas des SHOHIN dont la hauteur maximale était à l'origine de 18cm. Avec le temps, ces arbres ont grossis et sous l'influence des grands maîtres japonais, la limite supérieure a été repoussée et on voit maintenant des bonsais de 25cm de haut classés dans cette catégorie.

Il faut donc avant tout se rappeler que ces catégories existent pour une raison spécifique : la présentation en exposition. Dans votre jardin, sur vos étagères, vous êtes complètement libre d'avoir des bonsai de la hauteur que vous voulez.

Plus de liberté dans le autres pays d'Asie

Le bonsai et originaire de Chine, a été popularisé par les japonais mais il a suivi des voies parallèles dans les pays alentours. En Chine, ils n'exposent par les arbres de façon aussi formelle qu'au Japon et ne se sont pas donnés des limites comparables. Et cela frise parfois le gigantisme. Il n'est pas rare de voir des bonsais de plus d'1m50 de haut qui sont déplacés avec des engins mécaniques. Il en est de même à Taiwan ou en Inde.

Est-ce que l'on peut toujours parler de bonsai ? Bien sûr que oui, même si ces arbres quittent rarement leur jardin. Ce sont les mêmes techniques qui sont appliquées, le même entretien, simplement tout devient plus compliqué à cause de la taille.

Se fixer ses propres limites

La dimension d'un bonsai n'est pas sans certaines contraintes, ne serait-ce que pour l'entretien. Les tous petits arbres sont plus difficiles à cultiver, ils sont plus sensibles à l'arrosage, à la chaleur ou au froid. En période de canicule il faut vérifier plusieurs fois par jour si tout va bien, en quelques heures un SHOHIN peut se dessécher et mourrir s'il n'est pas arrosé alors qu'il fait très chaud. En hiver il faut absolument les protéger du gel.

Pour ma part, j'ai choisi de ne pas avoir de MAME, une sous-catégorie des SHOHIN qui font moins de 10cm de haut et dont le tronc n'est pas plus gros qu'un doigt. Trop petit, trop contraignant, trop sensible. Le bonsai doit rester un plaisir. Mais je reste admiratif devant ceux qui cultivent des arbres au format XXS. Je trouve cela tellement mignon, c'est vraiment un univers à part

A l'opposé je remarque en exposition une course au gigantisme. Des bonsais de plus en plus gros, de plus en plus imposants. Un gros arbre ne passe pas inaperçu mais au prix d'une logistique parfois compliquée. Si la culture de ces arbres est plus facile (la taille du pot fait que le substrat va sécher mois vite), leur manipulation devient plus compliquée. Quand il faut être deux ou quatre personnes pour les bouger ou quand il faut utiliser des engins de levage, il y a là une ligne rouge que je ne franchirai pas.

Il s'agit là d'un avis purement personnel, mais je considère que je dois pouvoir déplacer un bonsai tout seul.

D'autres contraintes viennent s'ajouter à leur manipulation. Le transport, mais également trouver une poterie ou bien une tablette adaptée. Il est très compliqué de fabriquer et donc de trouver des gros pots. Et quand on en trouve ils sont assez basiques, il n'y a pas autant de choix que dans les tailles moyennes, sans parler du prix qui atteint parfois la stratosphère ! Il en est de même pour les tablettes qui doivent pouvoir résister aux plusieurs dizaines de kilos de ces arbres. Elles sont alors plus grosses, et forcément moins esthétiques.

En conclusion, la dimension d'un bonsai est surtout importante lorsque vous décidez de présenter l'arbre en exposition. Mais surtout il faut que cela corresponde à ce que vous avez envie de faire et que votre passion pour le bonsai ne soit contrainte par une simple question de taille.

Bruno, alias Vital Bonsaï
Avant tout, un passionné de bonsaï
Le bonsaï peut parfois paraitre complexe et déroutant, surtout pour les débutants. Je te donne des conseils pratiques avec surtout de bonnes bases de culture pour que tu puisses progresser dans cet art.
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